Une fenêtre qui n'est pas d'équerre, une couchette de roulotte, un rideau ancien qu'on veut sauver plutôt que remplacer. Le travail qui se mesure sur place, parce qu'aucun format ne s'y applique.
La plupart des commandes ressemblent à une autre commande. Un salon, une chambre, une baie vitrée : la fenêtre est d'équerre, les dimensions sont ordinaires, et le métier consiste à bien faire une chose connue.
Puis il y a le reste. Une ouverture cintrée dans une maison de 1910. Un bateau. Un lit construit sur place par un grand-père. Une pièce de tissu que quelqu'un a rapportée d'un voyage et qui doit devenir quelque chose. Ces projets prennent plus de temps à évaluer qu'à coudre, et ce sont ceux qui me plaisent le plus.
Ils ont tous le même point de départ : je dois voir la chose. Pas une dimension au téléphone, pas un format standard approchant. La mesure se prend sur place, ou vous m'envoyez des photos et je vous dis ce qui est réaliste avant que vous vous attachiez à une idée.
Une bonne paire de rideaux dure des décennies. Ce qui lâche en premier n'est presque jamais le tissu de façade : c'est la doublure mangée par les UV, un ourlet qui a cédé, une tête de rideau fatiguée par vingt ans d'ouverture et de fermeture.
Remplacer la doublure d'un panneau dont la façade est intacte est une opération d'atelier courante, et elle coûte une fraction du prix d'une paire neuve. C'est aussi le seul moyen de garder un tissu qui ne se fabrique plus. Je fais également les retouches de longueur après un changement de plancher, et les reprises sur des pièces achetées ailleurs.
Le nettoyage et le pressing passent aussi par l'atelier, pour l'avant et l'après : le nettoyage lui-même est confié à un nettoyeur spécialisé. Je vérifie d'abord que la façade et la doublure supportent le traitement, puis je remets les plis et le tombé avant de raccrocher, y compris sur des rideaux confectionnés ailleurs.
Une roulotte n'a aucune fenêtre standard. Les ouvertures sont petites, souvent plus larges que hautes, parfois posées dans une paroi courbe, et rarement d'équerre. On travaille au huitième de pouce, autour de manivelles et d'obstacles, avec des tissus choisis pour bouger sans s'abîmer.
C'est la confection la plus exigeante que je fais, et c'est pour ça qu'elle est ici plutôt que rangée parmi les services ordinaires. La même précision sert dans une maison quand une fenêtre sort du commun.
Un store romain, qu'on appelle aussi store bateau, est un panneau plat de tissu, doublé quand la fenêtre le demande. Des coulisses sont cousues dans son dos, des tiges s'y logent, et quand la corde monte, le panneau se plie sur ces lignes. Le mécanisme est une façon de tirer. Tout ce que vous voyez est du textile, et c'est le tissu qui décide de la forme de chaque pli : un lin lavé donne un pli souple et arrondi, un coton ferme donne un empilement plat et taillé.
Le mécanisme de levage, je le commande pour chaque store : sans cordon, à cordon ou à chaînette, selon la fenêtre et vos habitudes, et conforme aux règles canadiennes de sécurité pour les enfants. Vous n'avez rien à acheter ni à fournir. Un store fait jusqu'à 5 pieds de large; pour une fenêtre plus large, on prévoit deux ou trois stores côte à côte. La hauteur va jusqu'à environ 80 pouces, un peu plus ou un peu moins selon le poids et le tissage de l'étoffe. Les systèmes électriques, non.
Ce qui fait du store romain un projet à part, c'est que la mesure finie se prend sur le mécanisme, jamais sur le cadre seul, et que la doublure, quand il en faut une, se choisit ici pour l'humidité d'une vitre en janvier autant que pour la lumière. C'est un travail de couture haut de gamme, long à faire, et le prix est à la mesure du travail. Envoyez-moi les mesures de la fenêtre et une photo de l'embrasure prise de biais. Je vous dis si un store est la bonne réponse pour cette fenêtre-là.
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Et quand la fenêtre demande plutôt un store qui s'enroule, il y a le store alterné, dont les bandes opaques et translucides ne pardonnent pas l'approximation et se taillent au cadre exact.
Des pièces plus petites qu'un rideau, et pas une n'est plus simple. Chacune a une règle de confection qui décide du résultat, et c'est cette règle que je vous donne ici.
Coussins et housses de coussin. Une housse se coupe plus petite que son coussin, sinon les coins se vident en un mois. La fermeture va sur le bord du bas, là où personne ne la voit. Je les fais seules ou avec une commande de rideaux, souvent dans le tissu qui reste une fois les panneaux coupés.
Jupes d'évier et rideaux de meuble. Moins d'un mètre de tissu, l'ampleur inverse d'un rideau de fenêtre, et un coton qui supporte la vapeur et la machine. C'est la plus petite pièce que je fais, et ce n'est pas la plus simple : les coûts fixes d'un projet ne rétrécissent pas avec la pièce, alors on en parle avant, et une jupe seule devient souvent trois petites pièces qui se tiennent.
Cantonnières. La version d'aujourd'hui est plate, courte, et sa ligne du bas est droite : tout l'effet tient à cette ligne. Je fais le textile, la doublure, l'entoilage et l'agrafage sur la planche quand elle m'arrive à l'atelier. La planche elle-même vient de vous ou de votre menuisier, coupée aux dimensions que je vous donne.
Rideaux de ciel de lit et de lit à colonnes. Ces panneaux, vous les regardez couchée, par en dessous et à contre-jour, et ça change le choix du tissu. Le tissage se voit, chaque couture se lit, et la face intérieure compte plus que l'autre. Le cadre porte le poids et il reste de votre côté. Je vous dis franchement quand je pense qu'il ne portera pas ce que vous lui demandez.
Séparateurs de pièce en tissu. Un séparateur n'a pas de dos. Il a deux devants, alors il se coud des deux côtés, dans un tissu que vous acceptez de voir des deux côtés. Le rail au plafond vient de vous et se fixe dans les solives, jamais dans le gypse seul, et la limite de taille dépend autant du tissu que de la mesure : on la règle ensemble avant de commencer.
Les pièces sur commande. Un tissu rapporté de voyage, une pièce de famille à refaire, une idée dessinée sur un coin de table. Un objet qui n'a pas de nom dans un catalogue. Je pars de ce que vous apportez, je dessine à la main, et je vous dis avant de couper si c'est dans mes cordes. Le textile me revient. La structure, la quincaillerie et la menuiserie restent de votre côté, et c'est ce partage qui fait que la pièce tient.
“Apportez-moi le cas difficile. C'est celui qui m'intéresse.”
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