
Housses de coussin : ne les assortissez pas au divan
Deux des règles qui comptent vraiment sont des règles de confection. Pourquoi le coussin doit être plus gros que la housse, et le tissu qu'il vous reste déjà.
La règle que tout le monde répète, c'est de ne pas assortir ses coussins au divan. Le conseil est bon et c'est le moins utile qu'on puisse vous donner, parce qu'il dit quoi éviter et rien sur quoi faire.
Six règles décident vraiment si un ensemble de coussins a l'air acheté ou a l'air composé. Deux d'entre elles ne sont pas des règles de décoration. Ce sont des règles de confection, et ce sont elles qui expliquent pourquoi un coussin du commerce a l'air fatigué un an avant que le tissu soit usé.

Les six règles, et les deux qui parlent de confection
Les quatre règles de décoration se disent vite, et vous les avez déjà lues : variez les formats plutôt que d'acheter un ensemble identique, tenez-vous à trois notes en laissant l'une des trois être une texture plutôt qu'une couleur, placez le plus grand vers l'extérieur en allant vers le centre, et laissez au moins un coussin reprendre quelque chose d'autre dans la pièce que le divan sur lequel il est posé.
Suivez ces quatre-là et l'ensemble aura l'air réfléchi. Il ramollira quand même en un mois si les deux dernières sont mal faites, et ces deux-là viennent de l'atelier plutôt que d'un styliste : le coussin doit être plus gros que la housse, et la fermeture doit être sur le bord du bas.
Pourquoi le coussin doit être plus gros que la housse
C'est la chose la moins chère à réussir, et presque rien de ce qui se vend en magasin la réussit.
Une housse coupée à la dimension exacte de son coussin n'a nulle part où être pleine. Le coussin se tasse au centre, les quatre coins se vident, et en quelques semaines la pièce a cet air de coin d'oreille mou qui se lit comme de l'usure. Les gens accusent le rembourrage. Le rembourrage est presque toujours correct.
Je coupe une housse deux à trois centimètres plus petite que le coussin dans chaque dimension : un coussin de cinquante centimètres reçoit une housse de quarante-sept. Le coussin doit être comprimé un peu pour entrer, ce qui est brièvement fatigant et c'est exactement l'idée. Cette compression est ce qui pousse le rembourrage dans les coins et l'y garde.
Un coussin a l'air cher quand ses coins sont pleins. Tout le reste est une question de tissu. Les coins, c'est de l'arithmétique.
Achetez le coussin d'abord, ou donnez-moi sa dimension mesurée plutôt que celle de l'étiquette. Les étiquettes sont optimistes d'un ou deux centimètres assez souvent pour que je mesure chacun de ceux qui entrent à l'atelier.
Les coussins de plumes et de duvet prennent le haut de cet écart et le rendent le mieux, parce qu'on peut vraiment pousser le garnissage dans un coin. Les formes de mousse pleine prennent le bas de l'écart, puisqu'elles ne se comprimeront à peu près pas.
Le reste de tissu que personne ne planifie
Voici une économie qui n'existe que parce que quelqu'un a déjà coupé les rideaux.
L'ampleur d'un rideau se calcule en largeurs entières de tissu. On achète à peu près jamais le chiffre exact, et un tissu à motif oblige à en prendre davantage pour le raccord. Après une commande de rideaux, il reste donc presque toujours du tissu utilisable, et il finit dans un sac au fond d'une garde-robe.
Ce reste suffit habituellement pour deux ou trois housses, parfois pour un ensemble de coussins plus une bande de finition ailleurs. La pièce devient coordonnée sans que personne ait planifié un ensemble, et sans payer le tissu deux fois.
Ça vaut la peine d'en parler au moment de la commande de rideaux plutôt qu'un an plus tard, pour une raison ennuyeuse : les bains de teinture. Un tissu acheté à huit mois d'intervalle dans la même référence n'est souvent pas tout à fait de la même couleur, et sur deux objets dans une même pièce, cet écart se voit.
Une fermeture éclair sur le bord du bas
La fermeture décide du vieillissement de la housse plus que le tissu.
Un dos portefeuille, avec deux pans de tissu qui se chevauchent, se fait vite et il bâille. Chaque fois qu'on s'appuie, les pans se séparent et le coussin paraît au travers. Sur un coussin que personne ne touche, c'est sans conséquence. Sur un divan où les gens s'assoient, c'est un agacement lent.
Une fermeture cousue à la main est très belle et ne s'ouvre qu'en décousant, ce qui veut dire que la housse n'est pas vraiment lavable.
Une fermeture éclair le long du bord inférieur fait le travail : elle encaisse la tension sur une couture qui n'est jamais à la vue, elle laisse la housse s'enlever d'un seul geste, et elle survit à cent ouvertures. Posée sur un côté à la place, elle finit par se voir comme une ligne dure sur un bord visible.
Les tissages qui survivent à ce qu'on s'assoie dessus
Une housse de coussin a une vie plus dure qu'un rideau et se choisit comme si ce n'était pas le cas.
Ce qui tient : le lin de poids moyen, la toile de coton, les mélanges de laine, le velours de coton à poil court et dense, et tout tissage assez serré pour qu'un ongle n'y entre pas.
Ce qui ne tient pas : les tissages lâches et ouverts qui s'accrochent à un bouton ou à une fermeture, les velours à poil long qui s'écrasent en ombres permanentes là où les gens s'appuient, et la soie à proximité d'un endroit où quelqu'un s'assoit vraiment.
Le test pratique est celui que je fais à l'atelier. Appuyez l'ongle du pouce dans le tissu et tirez d'un centimètre. Si les fils se déplacent et restent déplacés, ce tissu paraîtra usé sur le devant du coussin en moins d'un an.
Quand un tissu de rideau est le mauvais choix
L'idée du reste de tissu a une limite, et elle mérite d'être connue avant que je coupe.
Un tissu de rideau est conçu pour tomber. Une bonne partie de ces tissus sont plus raides et plus lourds que ce qu'on veut contre son cou, et certains, surtout ceux à endos enduit ou thermique, sont simplement désagréables sur lesquels s'appuyer. Un magnifique lin épais fait un superbe coussin décoratif, celui qui va sur le fauteuil plutôt que dans votre dos.
Je pose donc une question avant d'utiliser un reste de rideau : ce coussin est-il à regarder ou à s'appuyer dessus ? La réponse change le tissu, et elle est bien plus facile à donner avant la confection qu'après la première soirée.
Avant de commander
Mesurez vos coussins plutôt que de croire leurs étiquettes, et dites-moi lesquels servent à s'appuyer. S'il vous reste du tissu d'une commande de rideaux, apportez le sac.
La réflexion à l'échelle de la pièce est sur la page résidentiel, et si le lit fait partie de la même question, l'arithmétique des housses de couette est la même arithmétique ailleurs.