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Lit double dans une chambre de Sherbrooke habillé d'une housse de couette en lin lavé beige tombant également des deux côtés jusqu'au cache-sommier, deux taies européennes appuyées contre la tête de lit, lumière naturelle du matin par une fenêtre habillée de voilage
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Literie sur mesure : pourquoi votre lit paraît étriqué

Nalia··6 min de lecture

Votre matelas a épaissi de dix centimètres en trente ans, les housses de couette vendues en magasin non. Comment se mesure une retombée, et par où commencer.

On me montre souvent une photo. Une chambre de revue, un lit superposé de couches, des textures qui se répondent, et la même question : pourquoi mon lit ne ressemble pas à ça.

La réponse déçoit et soulage à la fois. Ce n'est pas une question de goût, ni de talent pour faire un lit. C'est une question de dimensions, et personne ne vous en parle parce que personne ne vend la solution en magasin.

Lit habillé d'une housse de couette en lin tombant également des deux côtés

Le matelas a grossi, pas les housses

Voici le fait qui explique la moitié du problème.

Un matelas de chambre principale, au Québec, faisait couramment 18 à 20 centimètres d'épaisseur il y a trente ans. Aujourd'hui, entre les matelas à ressorts ensachés, les mousses en couches et le surmatelas que beaucoup de gens ajoutent, on est souvent entre 30 et 35 centimètres.

Les formats de housse de couette vendus en magasin, eux, n'ont pas suivi au même rythme. Ils sont calculés pour couvrir le dessus du lit et retomber un peu de chaque côté, sur la base d'un matelas beaucoup plus mince.

Le résultat est mécanique. La housse couvre le dessus, puis il ne reste pas assez de tissu pour retomber. Elle s'arrête à mi-hauteur du matelas, ou juste en dessous, et le lit a l'air perché sur un socle nu. Sur les photos de revue, la couette descend franchement de chaque côté et cache la structure. C'est cette retombée, et rien d'autre, qui donne l'impression d'un lit habillé plutôt que d'un lit fait.

Un lit paraît étriqué pour la même raison qu'un rideau paraît étriqué : il manque de tissu sur les côtés. C'est le même problème, sur un meuble différent.

Mesurer une retombée plutôt que choisir un format

En atelier, on ne commence pas par un format. On commence par trois mesures que vous pouvez prendre vous-même en deux minutes.

  1. La largeur du matelas, d'un bord à l'autre, au niveau le plus large.
  2. La longueur du matelas, de la tête au pied.
  3. L'épaisseur totale, du dessus du matelas jusqu'au dessous, en incluant le surmatelas s'il y en a un et en le comprimant comme votre poids le comprime.

Ensuite on décide de la retombée souhaitée de chaque côté. Trois choix courants :

  • La retombée courte, qui s'arrête au bas du matelas. Nette, moderne, elle laisse voir la base ou le cache-sommier, donc elle demande que la base soit belle ou habillée.
  • La retombée moyenne, qui descend de cinq à dix centimètres sous le matelas. C'est la plus polyvalente, celle des photos de revue, et celle que je propose par défaut.
  • La retombée longue, jusqu'à quelques centimètres du plancher. Généreuse, un peu hôtelière, elle demande plus de tissu et plus d'entretien parce que le bas frôle le sol.

La largeur finale de la housse, c'est la largeur du matelas plus deux fois la retombée choisie, plus l'épaisseur. Cette arithmétique tient sur une ligne, et c'est elle qui manque quand on achète un format standard.

Les taies, et ce qui n'existe pas ici

Deuxième écart avec les photos, et celui-là surprend davantage.

Les lits de magazine anglophone portent presque tous des taies dites européennes, des grands carrés appuyés contre la tête de lit derrière les oreillers de sommeil. Elles donnent la hauteur et l'assise visuelle de l'empilement.

Le format en question ne correspond à aucun oreiller couramment vendu ici. On trouve des oreillers standards et des oreillers grand format, tous rectangulaires. Le carré existe en boutique spécialisée, rarement ailleurs, et presque jamais dans un tissu qui s'accorde à votre couette.

C'est exactement le genre de pièce que je fais sur mesure, pour une raison simple : une taie est un rectangle de tissu avec une fermeture. Le travail est court, le tissu nécessaire est faible, et le résultat est celui qu'aucun magasin ne peut vous vendre parce qu'il faudrait qu'il devine votre chambre.

Un détail de confection qui compte : une taie doit être un peu plus petite que le coussin qu'elle habille, jamais plus grande. Une taie trop ample donne des coins mous et un oreiller qui s'affaisse au bout d'un mois. On coupe la housse deux à trois centimètres sous la dimension du coussin pour qu'il la remplisse.

Reprendre le tissu d'une autre pièce

C'est l'occasion que la plupart des gens ne voient pas venir.

Quand je confectionne des rideaux pour une chambre, il reste presque toujours du tissu. L'ampleur d'un rideau se calcule en largeurs entières, alors on achète rarement le chiffre exact, et le reste dort dans un sac.

Ce reste suffit souvent pour deux ou trois taies, une bande de finition sur une housse, ou un cache-sommier. La chambre devient coordonnée sans que personne ait planifié une décoration d'ensemble, et sans payer le tissu deux fois.

Il y a une limite à connaître : un tissu de rideau n'est pas toujours agréable au contact. Un lin épais ou un coton d'ameublement font de très belles taies décoratives, celles qu'on retire le soir. Ils ne font pas des taies dans lesquelles on dort. Je le dis avant de couper, parce que la déception arrive sinon à la première nuit.

Moins de pièces, mieux dimensionnées

Voici ce que je conseille contre l'instinct que donnent les photos.

Les chambres de magazine portent souvent huit ou dix pièces sur le lit. C'est une mise en scène de photographe, et elle demande d'enlever la moitié des choses chaque soir. Dans une vraie chambre, cet empilement dure trois semaines avant de finir sur une chaise.

Un lit qui a de l'allure et qui reste vivable tient en quatre éléments : une housse de couette bien dimensionnée, deux oreillers de sommeil habillés simplement, une ou deux pièces décoratives à l'avant, et un jeté replié au pied. Le reste est du décor de photo.

C'est aussi le calcul le plus honnête à faire ensemble. Quatre pièces bien coupées dans un beau tissu coûtent moins cher que dix pièces moyennes, et elles vieillissent mieux.

Par où commencer

Prenez les trois mesures ci-dessus et notez-les. C'est tout ce qu'il faut pour amorcer la conversation, et ça évite un aller-retour.

Ensuite, la question qui oriente tout le reste : est-ce que vous habillez une base à ressorts visible, une base à tiroirs, ou une plateforme ? La réponse décide s'il faut un cache-sommier, et le cache-sommier est un sujet à lui seul, parce que le format standard vendu en magasin est calculé pour une hauteur de base que presque plus personne n'a.

Les détails du service sont sur la page literie sur mesure. Pour l'habillage des fenêtres de la même chambre, le raisonnement est dans le guide par pièce.

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