Deux stores romains sur mesure dans un salon de l'Estrie, l'un en lin lavé au pli souple et arrondi, l'autre en coton ferme au pli plat et taillé, lumière du matin traversant les deux, mur de plâtre pâle
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Stores romains : c'est le tissu qui décide du pli

Nalia··6 min de lecture

Un store romain n'est pas une catégorie de produit qu'on choisit à la place des rideaux. C'est un assemblage de tissu monté pour une fenêtre précise.

Tous les articles que je lis présentent le store romain comme une catégorie de produit. Une chose qu'on choisit à la place des rideaux, comme on choisirait une chaise plutôt qu'un banc.

Ce n'en est pas une. Un store romain est un assemblage de tissu monté pour une seule fenêtre, et la façon dont il se plie est décidée presque entièrement par l'étoffe. Mettez le même mécanisme derrière deux tissus différents et vous obtenez deux objets qui n'ont pas l'air de la même famille.

Deux stores romains dans des tissus différents, l'un au pli souple, l'autre au pli plat

Un store romain se fabrique, il ne s'achète pas

La confusion se comprend, parce que la chose se vend comme un ensemble.

Ce qui se passe réellement : un panneau plat est monté avec des coulisses horizontales à intervalles réguliers dans son dos, des tiges y sont logées, et des cordes verticales font que soulever la corde plie le panneau sur ces lignes. Le mécanisme est une façon de tirer. Tout ce que vous voyez est du textile.

C'est pour ça que deux stores du même atelier, sur la même fenêtre, avec le même mécanisme, peuvent n'avoir aucun air de parenté. Le tissu n'est pas une finition appliquée à la fin. Le tissu est l'objet.

Ce que décide le tissu et ce que décide le mécanisme

La distinction vaut la peine, parce que la couverture grand public attribue à peu près tout à la mauvaise moitié.

Le mécanisme décide : la façon dont ça monte, où ça s'arrête, si la corde est à gauche ou à droite, et comment l'ensemble se fixe au-dessus de la fenêtre.

Le tissu décide : la forme de chaque pli, la profondeur de l'empilement quand le store est remonté, si le bord du bas reste droit ou sourit, combien de lumière passe quand il est descendu, et si l'ensemble a l'air taillé ou décontracté.

Les gens qui magasinent un store romain dépensent leur énergie sur la première liste. C'est la seconde qu'ils regarderont tous les jours.

Le pli est une propriété du tissu, pas du mécanisme. Cette seule phrase éviterait à la plupart des gens le store qu'ils finissent par ne pas aimer.

Pli souple ou pli plat : même mécanisme, deux objets

Voici le choix sous le choix.

Un lin lavé ou un coton au tissage lâche donne le pli souple : chaque section s'arrondit doucement entre ses tiges, l'empilement est profond et moelleux une fois remonté, et l'ensemble a ce côté un peu défait que les revues photographient. C'est un tissu qui pardonne. Ce n'est jamais net non plus, et si c'est le net que vous vouliez, vous serez déçue par un tissu qui se comporte exactement comme il doit.

Un coton ferme, un sergé serré ou un mélange de poids moyen donne l'empilement plat et taillé : chaque pli se pose d'équerre, les sections sont égales, le bord du bas tient une horizontale franche. Ça a l'air fabriqué. C'est aussi impitoyable, parce qu'un tissu ferme montre chaque erreur d'espacement et chaque millimètre d'une fenêtre qui n'est pas d'équerre.

Aucun des deux n'est meilleur. Mais choisir le tissu pour sa couleur en espérant un pli précis est la façon la plus courante de se retrouver avec le mauvais store.

La doublure se choisit pour la condensation, pas pour la lumière

C'est ici que le Québec change la réponse, et que les conseils écrits ailleurs échouent.

La plupart des guides traitent la doublure comme une décision de lumière : doublure plus lourde pour une pièce plus sombre. C'est vrai et c'est secondaire ici. Un store romain se tient à plat et près de la vitre, souvent à l'intérieur de l'embrasure, et il y reste. En janvier à Sherbrooke, la face intérieure d'une fenêtre est froide et mouillée, et tout ce qui est plaqué contre elle reste humide.

La question de la doublure est donc en réalité une question d'humidité. Ce qui compte, c'est que l'assemblage puisse sécher entre deux cycles : une doublure qui respire plutôt qu'un endos occultant enduit, assez de dégagement par rapport à la vitre plutôt qu'un store encastré serré dans l'embrasure, et un tissu qui tolère d'être humide sans marquer.

Là où je vois ça mal tourner, c'est une doublure occultante enduite dans une chambre sur un mur nord. Elle fait exactement ce qu'on lui a demandé côté lumière, et elle retient l'humidité contre le tissu tout l'hiver. Le tissu de façade finit marqué le long du pli le plus bas, qui est l'endroit où l'eau s'accumule.

Si vous voulez une vraie noirceur sur une fenêtre froide, la réponse honnête est souvent un rideau doublé plutôt qu'un store, ou un store monté bien dégagé de la vitre avec une doublure qui respire.

L'espacement des plis est une mesure

Le nombre de plis n'est pas une préférence, même si la question se pose comme ça.

L'espacement se déduit : la hauteur finie, moins la hauteur d'empilement que vous acceptez, divisée en sections assez profondes pour tenir leur forme dans le tissu choisi. Un lin souple demande des sections plus profondes, sinon il pend mollement. Un coton ferme en supporte de moins profondes et reste net.

Une erreur se voit de deux façons. Sections trop profondes, et le tissu s'affaisse au milieu de chaque pli. Sections trop courtes, et l'empilement devient énorme, mangeant le haut de la fenêtre même store complètement remonté.

Je prends la mesure finie à partir de l'endroit où le mécanisme se posera, jamais du cadre de la fenêtre, et je demande combien de vitre vous acceptez de perdre au profit de l'empilement. C'est cette deuxième réponse qui fixe l'espacement.

Où s'arrête le travail de l'atelier

Je le dis franchement, parce que c'est un endroit où une commande de store peut mal tourner tard.

Je fais le textile : le panneau, la doublure, les coulisses, les tiges qui s'y logent, les ourlets et les finitions. C'est la partie qui décide de l'allure.

Je ne fournis ni n'installe le mécanisme de levage, le rail du haut ou les supports, exactement comme je ne fournis ni n'installe les tringles à rideaux. Cette quincaillerie vient de vous ou de la personne qui fait votre installation, et j'ai besoin de ses spécifications avant de couper, puisque la mesure finie se prend à partir du mécanisme et non de la fenêtre.

Je ne travaille pas non plus sur les systèmes à commande électrique ou à distance. C'est en dehors de ce que fait cet atelier, et ce n'est pas une question de dimension ni de pièce.

Ce que je préfère, c'est avoir cette conversation avant une commande plutôt que pendant. Envoyez-moi les mesures de la fenêtre et une photo de l'embrasure, et je vous dirai si un store est la bonne réponse pour cette fenêtre-là avant que quiconque achète de la quincaillerie.

Avant de commander

Mesurez la largeur et la hauteur, notez si le store ira dans l'embrasure ou par-dessus, et photographiez la fenêtre en angle pour que je voie la profondeur.

Dites-moi ensuite quel pli vous voulez, souple ou taillé, parce que c'est ce qui décide du tissu avant tout le reste. Si vous hésitez entre un store et des rideaux pour la même fenêtre, le raisonnement par pièce est un meilleur point de départ, et la page habillage de fenêtre pour le salon explique comment les deux travaillent ensemble.

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